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Message de Carême 2014


Message du Père Evêque Justin KIENTEGA aux fidèles chrétiens catholiques du diocèse de Ouahigouya pour le Carême 2014

Thème : La prière dans la vie du chrétien

1. SALUTATIONS ET ENCOURAGEMENTS

Bien chers fils et filles de l’Eglise-Famille de Dieu à Ouahigouya

C’est pour moi une grande joie de vous rejoindre tous et chacun, pour vous exprimer mes sentiments affectueux et paternels et vous saluer. Ma joie est grande car, je vois que la puissance de Dieu est à l’œuvre dans vos vies, ce qui permet à chacun, aux CCB, aux communautés paroissiales et aux institutions diocésaines de croître dans la connaissance véritable de Jésus Christ notre unique modèle.

Votre engagement a été visible et votre foi persévérante lors du pèlerinage diocésain qui a marqué la clôture solennelle de l’année de la foi les 23 et 24 novembre derniers. J’ai pu voir et sentir votre ferveur ; je vous encourage à poursuivre dans cet élan en vue de votre propre sanctification et pour bâtir une église réellement missionnaire.

2. OBJECTIF DU MESSAGE
"Vous savez bien que, dans les courses du stade, tous les coureurs prennent le départ, mais un seul gagne le prix. Alors vous, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour gagner une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas " (1 Co 9, 24-25).

Cette image des coureurs du stade prise par l’Apôtre Paul me permet de vous exhorter à vivre ce temps de carême avec fruits. Avec le mercredi des cendres, nous sommes introduits dans ce temps fort de l’Eglise, temps de pénitence, de conversion et de prière. C’est -on pourrait le dire- un temps d’endurance spirituelle. Loin d’être une occasion de châtier notre corps ou de tester nos performances à nous abstenir de tel ou tel acte contraire à la volonté de Dieu, le temps de carême nous invite à intérioriser l’histoire du monde et plus particulièrement notre histoire personnelle en lien avec le mystère du Christ venu nous sauver.

S’il est vrai que le Christ nous a déjà sauvé à travers sa passion-mort-résurrection, il est aussi vrai que chacun de nous doit s’impliquer dans cette œuvre de salut. Le salut nous est donné mais il nous incombe de l’accepter. Il y a donc l’œuvre de Dieu et la part de l’homme qui ne doit pas être négligée. Alors, pour remplir cette part qui nous revient, je vous propose en ce carême 2014, de renforcer votre vie de prière pour être capables de répondre oui à Dieu et pour toujours : "les yeux fixés sur Jésus Christ, entrons dans le combat de Dieu" ? (cf. Liturgie des Heures, antienne invitatoire du Carême). C’est pour nous dire que ce temps de combat spirituel, nous ne pouvons pas le réussir, ni même le commencer par nos propres forces. Il nous faudra toujours l’assistance de Jésus. En effet, c’est par l’arme de la prière que Jésus a pu vaincre la triple tentation du démon au désert (cf Mt 4, 1-11 et parallèles).

3. NATURE, IMPORTANCE ET PLACE DE LA PRIERE DANS LA VIE DU CHRETIEN

a) Nature de la prière

Parlant de la nature de la prière, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus nous apprend : « Pour moi, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. » Et le Père Charles de Foucauld renchérit : « Prier, c’est penser à Jésus en l’aimant. »

Ces témoins de Dieu nous révèlent que la prière est adoration et écoute de Dieu ! Elle est une conversation avec Dieu, un regard intérieur de l’âme dirigé vers Dieu par la foi et l’amour, car la prière elle-même ne consiste pas en des formules à réciter mais uniquement à tourner son regard, le regard de son âme dans la direction de Dieu.

b) Importance et place de la prière dans la vie du chrétien
Pourquoi devons-nous prier ? La prière est d’abord une démarche gratuite de l’orant. Elle est recherche d’une relation avec Dieu. Mais au-delà de la relation avec Dieu ou mieux, la conséquence de cet "être avec Dieu", la prière peut nous apporter beaucoup de fruits : la paix intérieure, la force pour vivre, le réconfort, l’espérance, la confiance en Dieu et aux autres car elle transforme notre regard.
Tout chrétien, en tant qu’ami du Christ doit mettre la prière au centre de sa vie. Quotidiennement, nous devons être capables de nous tourner vers Dieu pour le prier soit spontanément ou de façon systématique. Nous pouvons nous déterminer pour chaque jour, un moment propice de rencontre avec notre Seigneur et nous y tenir régulièrement. Il faut se fixer un rendez vous avec Dieu et décider de consacrer un certain temps à la prière. Toute prière débouche toujours sur un regard lucide et profond sur le sens de notre vie.
En effet, la prière est vitale pour le chrétien et elle est le moyen qui lui permet de rester connecté à Dieu. Sans une vie de prière authentique, on ne peut vraiment pas plaire à Dieu ! Sans une vie de prière, on verrait dans les commandements de l’Eglise un fardeau à traîner. Sans une vie de prière, on court le risque d’errer dans le désert où nous mènent nos désirs et nos ambitions pour finir par mourir de désolation.
Pour tout chrétien, la prière est comme une sève qui irrigue l’âme et la maintient en vie, imprime à tous ses actes la marque de l’amour et de la bienveillance de Dieu.
Pour les personnes consacrées et les prêtres, la prière est ce moyen efficace qui rend possible la communion, la fraternité et l’engagement. Une personne consacrée ou un prêtre qui ne prie pas ou ne prie pas assez ne peut ni se sanctifier ni sanctifier ; il ne peut pas se dévouer sans réserve pour Dieu et ses frères ni même assurer la survie de sa communauté parce qu’il est lui-même coupé de la source de ce qu’il pense transmettre. Le relativisme et le non engagement sont le plus souvent les conséquences d’une vie de prière sclérosée.
Dans un autre registre, il peut aussi arriver qu’un bon nombre de gens parviennent à ne plus vouloir prier parce qu’ils sont sans cesse assaillis par des distractions de toutes sortes. L’impression en ce moment est de croire qu’on perd son temps. Retenez que chaque distraction si minime soit-elle rejoint une préoccupation actuelle de votre vie. Ce qu’il convient de faire, c’est de ne pas se décourager mais plutôt de profiter de ses distractions pour en faire des occasions ou des intentions de prière. Dieu connaît notre faiblesse et il est sensible à notre bonne volonté. Il nous préfère distrait qu’absent. Si nous intégrons nos distractions à notre prière, nous les combattrons plus facilement. Saint Bernard à ce propos nous conseille : "Ne méprise pas ta prière, car Dieu ne la méprise pas".
4. LES FRUITS DE LA PRIERE DANS LA VIE QUOTIDIENNE
Fils et filles bien aimés, dans mon message pour le carême 2011, j’ai mis une relation entre la prière et la conversion permanente en ces termes :
La conversion que le temps du carême met spécialement en relief est un élément constitutif de la vie chrétienne. Il ne s’agit pas d’une attitude réservée seulement à quelques uns. C’est une exigence qui s’adresse à tous et à tout moment. La vocation et l’appel universels à la sainteté de tous les baptisés enseignés par le Concile Vatican II (cf. LG 39-40) se réalise au prix d’une conversion permanente (cf. LG 42) parce qu’il n’y a jamais une sainteté acquise une fois pour toutes, mais toujours une « sainteté cultivée » (LG 41). Le temps du carême nous donne l’occasion d’en prendre particulièrement conscience. Et même si ce n’est pas de façon exclusive, par rapport aux autres temps liturgiques, ce temps fort de la vie de l’Eglise est ordonné à la conversion de vie comme un des ses caractères propres. Dans ce sens, nous sommes invités pendant le temps de carême à vivre beaucoup plus intensément certaines pratiques de la vie chrétienne parce qu’elles traduisent, quand elles sont vécues dans un esprit de foi, un désir sincère de conversion et de changement de vie, du retournement du cœur vers Dieu. Ce sont par exemple le jeûne, l’aumône, la pénitence, le service fraternel, les abstentions et mortifications diverses. Toutes ces pratiques ont comme âme la prière qui les oint d’un parfum de bonne odeur agréable au Seigneur.

C’est signifier donc l’impact que doit avoir la prière sur notre vie quotidienne. Une bonne vie spirituelle devrait se traduire dans le concret de la vie ordinaire en termes d’annonce. Cette annonce c’est l’ouverture aux autres, l’amour, la charité, la solidarité, l’engagement. Car on peut être un parfait croyant à l’Eglise, y manifester une vie de foi et de prière intense et irréprochable. Mais une fois plongé dans le train train quotidien, cette foi disparaît brusquement si bien qu’on ne parvient plus à la discerner dans les rapports, dans les paroles ou dans les décisions qu’on prend. Si nous prions, le changement de notre vie dans le sens du bien doit aussi être perceptible.

Fils et filles bien aimés, si je vous exhorte à aimer la prière c’est pour que vous puissiez progresser dans la connaissance de Dieu et dans l’amour mutuel. Dans le même temps, je voudrais vous inviter à la pondération et au discernement dans l’utilisation des formules de prières déjà disponibles à savoir les neuvaines.

De nos jours, les types de neuvaines sont indénombrables. Elles sont un moyen pour aider et soutenir votre prière. Cependant, je vous demande de toujours faire attention pour ne pas y voir de la magie. Le risque de courir de neuvaine en neuvaine en fonction des témoignages reçus sur leur célébrité est très grand. On peut s’accrocher aux vertus de telle neuvaine à résoudre tel problème ou à guérir telle maladie au point d’oublier que la base de la prière c’est la foi. C’est sur la base de votre foi que Dieu vous exauce toujours : "vous priez et vous n’obtenez rien parce que votre prière est mauvaise" nous dit Saint Jacques (Jc 4, 1-10). Et lorsque les disciples n’ont pas réussi à chasser le démon de l’enfant, Jésus déclare : "Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière." (Mc 9, 29).

A cela s’ajoutent certaines fausses dévotions qui présentent Dieu ou les Saints comme des magiciens qu’on amadoue dans le but d’obtenir une quelconque faveur. Ou encore, il y a ces neuvaines à multiples prescriptions : faites bénir la bougie qui servira à la prière le premier mardi du mois de mars, ne la laissez jamais s’éteindre au cours de la neuvaine, priez la neuvaine tous les premiers mardis du mois sans sauter un seul mardi sous peine de nullité, etc. De telles prescriptions pourraient faire croire à l’orant que sa prière pourrait être exaucée grâce à ses seuls efforts de respecter les consignes décrites. Et dans le cas où il viendrait à manquer à l’une d’elles, il se retrouverait dans un cas de conscience qui perturbe finalement sa vie spirituelle. Or, Dieu peut bien se passer de tant de scrupules pour déverser ses grâces sur ceux qui l’invoquent avec foi et en vérité.

5. QUELQUES DISPOSITIONS POUR CE TEMPS DE CAREME

La prière, le jeûne et le partage, lieux classiques de la piété juive, sont aussi les moyens privilégiés que l’Eglise nous prescrit, surtout pendant le temps fort du Carême, comme remèdes à nos maladies spirituelles : l’esprit de suffisance, l’idolâtrie des biens matériels, l’égoïsme et l’esprit d’envie sont des maux graves qui minent notre existence d’hommes, nous empêchent de plaire à Dieu et de vivre en paix entre nous. Dans l’Evangile du mercredi des cendres (Mt 6, 1-6. 16-18) Jésus insiste beaucoup sur le caractère secret de notre prière, notre jeûne et notre charité. Il ne s’agit pas de prier, de jeûner ou de donner pour nous faire remarquer et apprécier des hommes ; nous devons le faire uniquement en fonction et à l’intention de Dieu, puisque lui seul peut voir ce qui se passe dans le lieu secret. Et ce lieu secret, c’est le cœur de l’homme.

Fils et filles bien aimés, je voudrais maintenant, vous lancer quelques invitations pour un vécu fructueux de ce temps de carême. Tout au long du carême, j’invite toutes les familles chrétiennes à se retrouver pour prier chaque soir. La prière pourrait se dérouler de la façon suivante : commencer par une demande de pardon, lire et méditer le passage biblique du jour indiqué et achever par la prière du soir habituelle. J’ai déjà préparé des passages bibliques sur la prière et vous lirez un passage à la fin de la prière du soir. A chaque jour correspond un passage précis.
Aux prêtres, je demande de dire la prière de l’Heure Sainte tous les jeudis nuits pendant tout le temps de carême. Cette Heure rappelle ce que Jésus a dit à ses apôtres la nuit du jeudi saint au jardin de Gethsémani : "Ainsi vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible" (Mt 26, 40-41). Nous voulons comme prêtres, associés au mystère du jeudi saint, veiller au moins une heure avec Jésus. Chers curés et responsables de communautés sacerdotales, je vous demande d’aider votre communauté sacerdotale à vivre cette prière devant le saint Sacrement tous les jeudis à partir de 21h 00. j’ai aussi pris les dispositions pour que cette prière soit en leur possession en même temps que ce message.
En définitive, j’invite tous mes fils et filles à être généreux en donnant de leur être et de leurs biens pour soutenir les EPA dans les paroisses en vue de soutenir les pauvres. La vitalité de notre foi doit aussi se manifester par nos bonnes actions, dirigées surtout à l’endroit des plus pauvres.

6. CONCLUSION

Fils et filles bien aimés,
Je vous souhaite à tous de vivre ce temps précieux du carême en ravivant votre amitié avec Jésus Christ, ami avec lequel vous aimez vous asseoir pour lui accorder du temps afin de l’écouter et de lui parler. C’est cela qui vous accordera la plénitude de la foi, de l’espérance et de la charité. Que ce temps de pénitence soit pour chacun de vous un temps de vraie conversion et d’intime connaissance du mystère du Christ. Saint et fructueux temps de Carême à tous et à toutes ! J’accorde à tous et de tout cœur ma bénédiction !

Donné à Ouahigouya, le 22 février 2014
En la fête de la Chaire de saint Pierre, Apôtre.

+ Justin KIENTEGA
Evêque de Ouahigouya



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Copyrit Septembre 2012 Diocèse de Ouahigouya - BURKINA FASO